Guide de survie dans les restaurants en Corée du Sud

1 – Sortir des sentiers battus par les guides

Les guides touristiques tels que le Lonely ou le Petit Futé vous donneront de bonnes adresses avec, la plupart du temps, des menus en anglais. Alors pourquoi s’en écarter ? Lors de notre séjour en Corée, nous avons bien évidemment commencé par suivre les conseils de nos guides. La cuisine était très bonne et le service efficace. Mais nous avons vite remarqué que dans ces établissements habitués aux touristes, les prix étaient tout de même assez élevés et on nous forçait presque à prendre un plat en particulier et souvent le plus cher. Ainsi, petit à petit, nous avons fait le choix de laisser nos guides de côté pour choisir nous-même nos lieux de restauration. Nous avons alors découvert de nouveaux plats trop souvent délaissés par les guides, et pu faire respirer notre budget. De plus, les propriétaires des lieux étaient souvent beaucoup plus patients avec nous et semblaient réjouis de nous faire découvrir leur cuisine.

2 – Franchir la barrière de la langue

Notre immersion dans des restaurants peu habitués aux touristes étrangers ne s’est pas fait sans mal. Dans les zones les plus touristiques, la plupart des établissements affichent leurs spécialités en lettres latines sur leur devanture et proposent des menus en anglais ou avec des photos. Mais dans les coins un peu plus reculés, tout est en Hangeul. Par ailleurs, dans certains restaurants, il n’y a pas de menu mais juste une feuille de commande uniquement en hangeul sur laquelle il faut noter en face du plat choisi le nombre de parts souhaitées. Ne parlant que très peu le Coréen, il nous a parfois été très difficile de nous faire comprendre, mais surtout de passer nos commandes, et les bonnes !
Notre solution : apprendre le nom de nos plats favoris en coréen et utiliser les applis suivantes (ces applis sont « offline », elles peuvent donc être utilisées en mode avion) :

  • Korean food : Editée par The Korea Foundation. Elle fonctionne comme un dictionnaire dont vous pourrez rechercher la définition de plus de 800 plats en coréen, en anglais ou en lettres romanisées. Elle contient également des informations globales sur la cuisine coréenne. De plus, certaines définitions sont en français. UN MUST.
  • Korean English Dictionary & Translator : Editée par Bravolol. C’est un traducteur Anglais-Coréen et Coréen-Anglais. Vous ne comprenez pas ce mot écrit en hangeul ? Mettez votre clavier en coréen et recherchez-le dans le dictionnaire. Cette appli nous a été utile tout au long de notre voyage, et pas qu’au restaurant.

Pour vos premiers jours en Corée, je vous déconseillerais d’essayer un plat « au hasard ». Vous pourriez vous retrouver avec un poisson fermenté ou avec n’importe quel aliment littéralement recouvert de piment rouge. Attendez quelques jours que votre corps s’habitue à la cuisine locale, et après cette phase d’adaptation, lancez-vous !

3 – Ne pas négliger les banchans

En Corée du Sud, pas de repas sans banchans. Ce sont des plats d’accompagnements servis dans de petits récipients et à partager. Le kimchi est le banchan le plus courant, que ce soit sous forme de chou, de navet ou encore de radis. Le légume est mariné dans une sauce à base de piment puis fermenté. La star est escortée de trois ou quatre (ou plus) autres plats comme les germes de soja (kongnamoul), le radis coréen mariné (danmuji) ou encore le bouillon de pâte de soja fermentée (dwénjang djiguè).
Bon à savoir : dans tous les restaurants il est possible de demander à ce qu’on vous resserve gratuitement des banchans. Il suffit pour cela de montrer la petite assiette/récipient au serveur. Bien entendu, cela n’est valable que pour les banchans et pas le plat commandé. Dans certains établissements les banchans sont proposés sous formes de buffets où vous pourrez vous-même vous resservir à votre guise.

4 – S’humidifier le palais

Qu’est ce qu’on boit en Corée ? Les trois alcools les plus écoulés dans les restaurants sont la bière, le Soju (alcool de riz comparable à de vodka légère – degré d’alcool : entre 20° et 45°) et le Makgeolli (alcool issu de la fermentation de riz – degré d’alcool : 6°). Pour ce dernier je ne saurai que trop vous conseiller de le goûter dans un bar à Makgeolli (voir ci-dessous).
Les bières coréennes les plus communes sont la Cass, la Hite et la Max. Ce sont des blondes plutôt légères mais rafraîchissantes.
Le soju est servi dans de petites bouteilles accompagnées de verres à shooters. On le boit cul-sec.
Un pichet d’eau ou de thé est toujours présent sur toutes les tables. Bien souvent il s’agira de thé très dilué. Les boissons sans alcool sont similaires à nos restaurants (sodas, jus de fruits, café, thé).
La café ressemblera plus à un americano et le thé vert coréen a un léger goût amer et iodé.

5 – Savoir dompter le Makgeolli dans un vrai bar à Makgeolli

Jeonju - maekgolli :)
Maekgolli (oui, ce sont bien les restes du pauvre poulpe dans l’assiette au premier plan)

Le Makgeolli est un alcool traditionnel et ancestrale, il se doit donc d’être dégusté dans un lieu spécial. Regardez autour de vous. La lumière est légèrement tamisée ? Les murs sont couverts de messages, de noms, de graffiti ? Il y a des théières en alu un peu cabossée accompagnées de leurs bols assortis ? Plus de doutes, vous êtes bien dans un bar à Makgeolli ! Dans ce genre de bar, la boisson est systématiquement accompagnée de plats que vous pourrez choisir, ou non. Premier conseil : ne mangez pas avant ! La nourriture servie avec les théières de Makgeolli sera suffisamment conséquente. Mais attention, à chaque théière supplémentaire, les plats seront de plus en plus « spéciaux ».

Durant notre soirée dans un bar à Makgeolli à Jeonju, voici les plats que nous avons reçus lors de notre initiation :

  •  1ère théière : viandes et banchans. Rien d’extraordinaire, de la viande de porc grillée, un bouillon de poulet avec ces pilons, quelques banchans et un peu de bulgogi
  • 2ème théière : poisson et fruits de mer. Là ça se corse un petit peu. Un poisson entier est servi accompagné de nouveaux banchans, de coques et un haemul jeon (pancake coréen à base de légumes et de fruits de mer). Là encore rien de bien méchant, mais dépiauter un poisson avec des baguettes plates et en métal c’est quand même moins pratique.

Bon, nous n’étions que trois, nous nous sommes donc arrêtés là (une théière c’est quand même l’équivalent de quelques pintes). Mais nos voisins eux sont allés jusqu’à la 4ème théière ! Attention, âmes sensibles s’abstenir :

  • 3ème théière : un poulpe vivant ! La serveuse dépose un petit plateau dans lequel se tortille, en vain, un pauvre poulpe. Puis, armée d’un ciseau, l’hôte va sans sommation découper entièrement le pauvre animal qui sera encore vivant lorsqu’il sera ingurgité.
  • 4ème théière : le Hongeohoe. Un poisson fermenté. Pour atténuer son goût, il est coutume d’en coincer un morceau entre un peu de kimchi et un morceau de viande de porc. Mais même avec ça vous aurez l’impression que l’intégralité de votre système digestif vous hait profondément.

6. Se sucrer le bec

Patbinsu
Patbinsu

Les plats et leurs banchans ont bien souvent été suffisant pour nous passer de dessert. Mais, curiosité oblige, nous nous sommes tout de même laissé tenter par quelques spécialités coréennes sucrées. Notre numéro 1 ? Le Patbingsu. C’est un dessert idéal lorsqu’il fait chaud puisqu’il est à base de glace finement pilée à laquelle on ajoute de la pâte de haricots rouges sucrées, du lait concentré, des gâteaux de riz, des fruits, etc. On le trouve surtout dans des cafés spécialisés ou des chaînes comme Angel in-us.
A déguster sur les marchés : les Hotteok. Ce sont des pancakes garnis d’un mélange sucré bien souvent à base de cannelle, de cacahuète et de miel. Notre dernière touche sucrée n’est pas un dessert puisqu’il s’agit d’une boisson : le Sikhye. C’est un punch sucré fait de riz fermenté, d’eau de malt, de sucre et de gingembre. Il est servi gratuitement dans certains restaurants avant la sortie ou est vendu dans la rue.

7. Au secours, je suis végétarien !

Surtout pas de panique. Lors de votre voyage en Corée du Sud, vous pourrez très bien apprécier la cuisine locale tout en respectant votre régime alimentaire. Il y a juste quelques petits trucs à savoir.

  1. Le kimchi traditionnel n’est PAS végétarien. En effet, sa sauce est bien souvent à base de crevettes fermentée et/ou de sauce de poisson.
  2. Un plat sans viande n’est pas forcément végétarien puisqu’il peut contenir de la sauce de poisson ou un bouillon de viande.
  3. Dans certains coin reculés, préciser que vous êtes végétarien ne vous abstiendra pas de recevoir un plat avec du jambon, des fruits de mer ou cuisiné avec de la sauce de poisson/viande. Ces éléments n’étant, pour certains, pas réellement considérés comme de la viande.
  4. Eviter tous les plats contenant les mots « Gogi – 고기 » (viande) ou « Mulgogi – 물고기 » (poisson)
  5. Le bibimbap servi en Corée est presque tout le temps végétarien. Attention, le Dolsot Bibimbap peut parfois contenir un peu de boeuf.
  6. Les restaurants servant des plats bouddhistes sont végétariens.
  7. Vous pouvez dénicher des restaurants végétariens/végétaliens sur les sites suivants : http://www.happycow.net/asia/south_korea/ et http://lovinghut.kr (le second est une chaîne de restaurants).

Il vous sera également nécessaire de connaître quelques phrases clés. Vous devriez pouvoir vous en sortir avec celles-ci :

Je suis végétarien / végétalien.
 저는 채식주의자비건 채식주의자 입니다
 Jeoneun chaeshikjooeeja / bigeon chaesikjuuija imnida
Quels plats sont végétariens / végétaliens ?
 요리 중 어떤 것이 채식 / 비건 요리입니까?
 Yori jung eotteon geosi chaesik / bigeon yori imnikka?
Pouvez-vous faire une version végétarienne de ce plat ?
 혹시 이 요리를 채식주의자용으로 만들어 주실 수 있나요?
 Hoksi i yorireul (bigeon) chaesikjuuijayongeuro mandeureo jusil su innayo?

 

Vous voici maintenant parés pour partir à la découverte de la culture culinaire coréenne. Il faut savoir que pour les coréens, la cuisine est  la meilleure des médecine. Alors allez-y foncez sans crainte mais munissez vous d’abord de notre petit guide ! :

guide-resto-CoréeDuSudcliquez sur l’image pour la télécharger

Derniers conseils : apprenez à déchiffrer l’Hangeul. Cela ne vous prendra pas plus de trois jours, promis, et ça vous sera grandement utile. Enfin, n’hésitez pas à vous imprégnez de cette culture culinaire si riche grâce au site kimshii.com en français, ou encore http://www.maangchi.com (en anglais, mais les vidéos sont top !).

Aller, bon ap !

Publicités

Une réflexion sur “ Guide de survie dans les restaurants en Corée du Sud ”

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s